Stop aux attaques contre l’agriculture !

La FDSEA, la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles, d’Ille-et-Vilaine dénonce les attaques des associations environnementales qui souhaitent faire interdire les désherbants. Les agriculteurs expliquent qu’ils font des efforts pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires.

Alors que l’association Eau et rivières a lancé une campagne visant à recenser les champs orange dans le but de demander à la préfète l’interdiction des désherbants totaux, les agriculteurs de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles d’Ille-et-Vilaine s’insurgent contre cette délation.

« Cet appel à la délation, utilisé par les associations environnementales, est indigne et inacceptable », dénonce la FDSEA 35. Ils estiment que « ces attaques nient les résultats très positifs d’amélioration de la qualité de l’eau, récemment soulignés par l’Agence de l’eau ». Ils demandent aux représentants de l’État de « condamner fortement ce genre de pratiques qui ne peuvent que détériorer le climat ».

Une atteinte à notre métier

Le gouvernement a présenté un plan d’action global pour la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires avec un objectif de – 25 % en 2020 et – 50 % en 2025.

« Cette délation, c’est une atteinte à notre métier, à l’espace publique. On a l’impression que les citoyens deviennent propriétaires de nos champs, explique Florian Salmon, responsable environnement des JA 35. Nous ne sommes pas hors la loi. Cette pratique est légale. »

« Pour le moment, il n’y a pas d’alternatives. Le glyphosate est aujourd’hui utilisé à très faible dose, explique Christian Mochet, responsable de l’environnement de la FDSEA 35. La pratique est entre 0,5 litre à 1,5 litre alors que la dose homologuée est à 3 voire 6 litres par hectare ».

Inférieur à la norme d’eau potable

Dans l’exploitation de Sébastien Sachet, à Essé, dans le Pays de la Roche aux fées, l’eau de drainage est mesurée sur l’Ampa (molécule de dégradation du glyphosate). « Ici, on est inférieur à 0,05 mg/l (microgramme par litre) alors que la norme eau potable tolérée de pesticides est fixée à 0,1 mg/l », annonce le propriétaire des lieux.

« On est formé pour utiliser ces produits. S’ils sont autorisés, c’est qu’il n’y a pas d’autres choix, explique Florian Salmon.  Eaux et rivière remet en cause des pratiques de désherbages autorisées. »

Le schéma des pratiques en Argentine, Brésil ou aux États-Unis est souvent cité dans les associations. « Là-bas, le maïs est OGM, il est prévu pour résister au glyphosate. Ici, si on passe le maïs au glyphosate, tout grille. » En France, le glyphosate est appliqué en interculture, pas sur une culture à récolter. « Il faut se nourrir en France, en local. Ici, on répond à des normes de production sur le phyto, sur le social et sur la qualité des produits », avance Christian Mochet.

Vers un changement de pratiques

Les agriculteurs conventionnels estiment que « la seule alternative est pour le moment le labour. Mais le coût carbone est bien plus élevé que l’application du produit phyto. Le carbone contenu dans la terre s’échappe et participe au réchauffement climatique. » Il est interdit de labourer un champ s’il est traité au glyphosate. L’agriculteur est certifié et agréé pour acheter ce produit, il n’est pas en vente libre.

La France a décidé d’interdire l’usage du glyphosate dans trois ans. Mais pour le moment, pas de plan B satisfaisant. Les agriculteurs sont convaincus qu’ils « entrent dans un changement de pratiques ». Ils savent que « la chimie a aidé pendant quarante ans, aujourd’hui elle va aider autrement. Il faut des solutions globales ».

Ils restent optimistes : « On fait un beau métier, on nourrit les gens. » Et si on leur laissait le temps.

Article Ouest-France du 03/04/2019 – Nicole CONQUER

 



Fdsea35